jeudi 23 février 2012

Payer plus cher un vin grâce à son nom

Selon une récente étude, vous payez 2$ de plus en moyenne pour un nom de vin plus "complexe" ou plus difficile à prononcer versus un nom plus simple, plus générique.


L'étude démontre qu'un nom plus "difficile" évoque plus de subtilités, plus de rareté et une plus grande qualité. Par conséquent, exige une prime au portefeuille.



La débauche 
Payerez-vous plus cher pour une débauche; ou plus tôt la débauche ?


Comment cette étude est-elle arrivée à cette conclusion ? Fort simple. Telle une étude clinique, on place les participants devant un placebo. En d'autres termes, on choisit un vin identique, dans une bouteille identique avec une étiquette ... identique ! Quelle est la différence ? Le nom.


Trois groupes de 45 participants ont goûté à un Chardonnay de la région du Niagara. Chaque groupe reçut une présentation différente. Un groupe a entendu l'histoire du vin provenant de la région  du Titakis (!), une sonorité grecque donc facile à lire, à écrire et à prononcer. Un autre groupe a goûté au même vin, mais provenant du Tselepou,... Et enfin un dernier groupe a goûté au même vin, mais qui cette fois n'a pas de nom. Après dégustation, trois questions furent poser à chaque participant dans les 3 groupes. 
1) À quel point aimez-vous ce vin (échelle de 1 à 10)
2) En achèteriez-vous (oui ou non)
3) Déterminez le prix que vous seriez prêt à payer ? (xx$)


Le vin gagnant provient de la région du Tselepou (Ça c'est une région au sud de Treglionie occidentale :-)). Et le prix ? 16$ contre 14$ pour le vin du Titakis et 13$ pour le vin sans nom.... Encore une fois, je le rappelle, c'est le même "liquide" dans les 3 cas !


Donc, un bon nom, bien choisi est payant... On parle ici d'une différence significative de 15% de marge supplémentaire. Qui ne veut pas 15% de marge supplémentaire avec peu d'investissement supplémentaire ?


Dernier détail fascinant, parmi les participants, il y avait des amateurs qui connaissent peu le vin, des néophytes et des "connaisseurs" / oenologues. Qui étaient prêt à payer plus cher pour le vin du Tselepou ? Et oui les connaisseurs ! Donc, tout le monde peut être influencé par la marque et son nom plus particulièrement. 


Mais bon, j'aime bien personnellement les noms de vin rigolos et simples comme "Sweet Bitch" et mon préféré "Le Mas au Schiste". Ils ne sont pas chers.


dimanche 15 mai 2011

Re/Max Collection - Un Branding vide


Re/Max Québec vient de lancer la Collection Re/Max qui concurrencera Sotheby's et Christie's.


Or, ces deux dernières marques sont clairement reconnues pour leur expertise dans le haut de gamme; les services, les agents, l'identité de ces marques sont clairement développés pour cibler une clientèle huppée et exigeante qui met dans les mains de ces bannières et courtiers des résidences qui dépassent parfois largement le million de dollars à Montréal et la dizaine de millions dans d'autres grandes villes du monde.


La nouvelle marque de Re/Max a son propre site web www.lacollectionremax.com, mais on démarre clairement sous le parapluie de la marque Re/Max Québec. Pas de grande différence perçue. La question se pose alors, est-ce une vraie marque avec de vrais services distincts et des agents spécialement formés ??? La réponse simple est NON ! On ne vend pas une maison à Westmount valant 3 000 000 $ comme on vend un split level à Greenfield Park.


On parle ici d'une marque adaptée pour une promesse vide. Re/Max Québec veut, et on le comprend aisément, profiter de ce marché des maisons de haut de gamme où le marché a plus que doublé en 10 ans. Mais, il faut être sérieux quand même si on veut faire sa "marque" dans ce créneau hautement exigeant et où les marques prestigieuses sont fort présentes. Je cite le journal les Affaires : " .... Pour avoir accès à la Collection Re/Max, une maison doit valoir 750 000 $. Re/Max n'a pas mis sur pied une équipe spécifique pour la vente des propriétés de prestige; tous ses agents peuvent collaborer à la Collection". (NDLR : y compris mon cousin spécialisé dans les split level de Greenfield Park :-) ) Ce qui est clairement en contradiction avec ce qui est affiché sur leur site web où on nous affirme que ce sont " des courtiers expérimentés dans les résidences de luxe".  C'est absurde et ridicule. Un Branding vide, insipide, voire trompeur.

mercredi 20 avril 2011

RIM Playbook - Professionnel ou pas ?


Cette semaine RIM lance sa tablette qui doit concurrencer une pléthore de produits, dont le fameux iPad, sur lequel j'ai commenté le nom de marque d'ailleurs


Bref, cette tablette qui arrive tout de même un peu tard sur le marché doit se trouver une niche inexploitée, un positionnement, un élément nouveau, unique et distinctif. J'entends à la radio une publicité vantant évidemment ses mérites et enfin la signature (en anglais). "BlackBerry Playbook. The first professional-grade tablet".


"Play." "Professional." Sophie Cousineau dans La Presse souligne d'ailleurs ce qui semble antinomique en ces mots : "... L'autre chose qui confond, c'est le nom de l'appareil. Ce n'est pas un détail. Pour RIM, sa meilleure chance de percer le marché des tablettes est de bâtir sur la clientèle d'utilisateurs d'affaires. Et pourtant, le nom ludique de l'appareil porte à confusion."


À la limite, ils devraient le nommer "ProBook"; mais certains diront que c'est trop près de la nomenclature de ce qui est désormais permis d'appeler leur ennemi juré "Apple".... Justement, on peut là aussi se poser des questions sur l'utilisation du terme" "book" qui sans l'ombre d'un doute est associé à une kyrielle de produits Apple avec la famille "iBook" et "MacBook". Les autres tablettes se nomment, "Galaxy", "Xoom", "Kobo", "Kiddle", etc... pas "book", d'une part trop descriptif comme terme et d'autre part trop près de la nomenclature d'Apple pour permettre une différenciation notable.


Bref, en matière de pertinence, de différence, on aurait pu faire mieux surtout de la part de ceux qui ont été à même d' inventer une catégorie de produits grâce - entre autres -  à un....Nom de marque !

mardi 14 décembre 2010

Kiwi ou l'histoire d'un grand coup de marketing !

Caramilk, Sloche, Delissio sont des noms qui évoquent le délice en bouche, le goût, les saveurs, etc. Tous des noms d'aliments de grande consommation de la part de grands groupes industriels. Mais c'est aussi vrai pour des aliments plus simples et plus naturels comme des fruits !

Veux-tu une groseille de chine ? Euh, ché pas... Ça goûte quoi ? Le kiwi..... En fait c'est un kiwi, c'est le nom du kiwi AVANT que celui-ci ne fût rebaptisé. Il faut comprendre qu'il fût rebaptisé pour des raisons commerciales certes, mais pas nécessairement pour le rendre plus appétissant. Le problème est qu'au cours de la guerre froide, il était compliqué de vendre aux États-Unis des groseilles de "Chine" ! Sa culture se développant surtout en Nouvelle-Zélande, à partir de 1953les Néo-zélandais l'appelèrent donc « kiwi », sa peau velue rappelant celle de l'oiseau du même nom, emblème du pays. « Kiwi ». Ils ont peut-être eu un éclair de génie, mais ils subirent également une panne de cerveau majeure en omettant d'enregistrer le nom que tout le monde peut utiliser aujourd'hui peu importe la provenance du fruit. Quelle gaffe !


Mais avouez que kiwi est pas mal plus amusant, appétissant et ludique que "Groseille de Chine", non ?

vendredi 15 octobre 2010

Oublier le marché extérieur

Dans mon billet précédent, tiré dans un récent article de La Presse, je mentionnais qu'il est une erreur commune d'omettre les marchés extérieurs lors du développement de sa marque. C'est un aspect qui peut avoir des conséquences très importantes sur le développement d'une entreprise. Petite ou grosse. Non seulement d'un point de vue culturel si on choisit un nom trop restrictif au niveau de la compréhension, voire même restrictif au niveau du développement des marchés.

Voyez plutôt, Target, un des plus importants détaillant aux États-Unis, désire comme n'importe qu'elle entreprise se déployer davantage, en outre à l'étranger, et dans ce cas-ci au Canada. Quel est son défi ? Un autre "Target". Target USA a omis de protéger sa marque. Les conséquences sont maintenant titanesques.

Un homme d'affaires de Toronto possède Target Apparel depuis 10 ans..... Pas 70 ans, 10 ans ! Ils sont où les grands stratèges d'affaires et les avocats en protection de marques quand on a besoin d'eux ? Donc Target USA a omis de protéger leur marque au Canada.

Ainsi Target a divulgué son intention de créer et exploiter 20 magasins au Canada d'ici deux ans. Oups ! Encore faut-il posséder pas sa marque dans ce pays ! Donc, avant de signer des baux et de se préparer à exploiter ses magasins, Target USA va passer les prochains mois en cour de justice pour tenter de récupérer son actif le plus important qui soit : sa PROPRE marque.

Bref, pensez long terme au moment de la création de votre marque, à moins que vous aimiez vraiment, énormément votre avocat

mercredi 13 octobre 2010

À la recherche du nom parfait

Tel que paru dans La Presse du 5 octobre à la suite d'une entrevue avec votre serviteur !




À la recherche du nom parfait

Publié le 06 octobre 2010 à 10h31 | Mis à jour le 06 octobre 2010 à1Agrandir


Illustration: Julien Chung, La Presse
  • Iris Gagnon-Paradis, collaboration spéciale
(Montréal) Un nom qui se démarque est le premier pas vers le succès d'une entreprise. Y réfléchir et faire appel à des experts en la matière peut faire toute la différence et ouvrir les portes du succès.
Choisir le nom d'une entreprise n'est pas une action banale car cela déterminera l'image qu'elle projettera dans le monde extérieur, sa toute première signature.
L'objectif premier? Se démarquer, affirme Antoine Clément, consultant marketing qui se spécialise notamment en création de noms.
On doit donc sortir des cadres traditionnels, ne pas hésiter à aller visiter d'autres sonorités, et même, inventer des mots: «La marque Häagen-Dazs est un nom totalement inventé, remarque M. Clément. La compagnie y est allée avec des sonorités nordiques, pour donner une notion de qualité à leur crème glacée.»
M. Clément et son équipe ont travaillé avec plusieurs entreprises à la création de marques; ils peuvent sortir entre 1000 et 2000 noms dans le processus de brainstorming. Le plus important avant de se lancer dans la réflexion est l'identification d'une qualité unique à mettre de l'avant, car «un nom ne peut pas tout dire».
Attraper l'idée
Ce n'est pas en réfléchissant sur le sujet que les quatre associés du restaurant Les Cons Servent ont trouvé ce nom, mais tout simplement dans le cadre d'une conversation:
«Nous planifions nos horaires et on s'est rendu compte que les quatre associés travailleraient le jeudi soir. J'ai dit à la blague: ce soir-là, on pourra dire que les cons servent!» explique un des propriétaires, Frédéric Simon.
Misant un concept mixte de restaurant et de vente d'aliments en conserve, l'entreprise devait d'abord s'appeler platement «Les conserves». L'idée était «un peu folle, dure à assumer», impliquant une bonne dose d'autodérision, mais les associés ont eu finalement l'audace de la mettre de l'avant, ce qui a contribué à faire connaître l'entreprise à ses débuts.
«Ça nous sortait d'un cadre rigide et évoquait l'idée d'un bistro abordable, décontracté, dans un cadre ludique et plaisant», explique M. Simon. À la veille du troisième anniversaire, il ne regrette rien!
Parfois, l'idée peut tout simplement venir comme une étincelle.
Dee Brown, le fondateur de l'entreprise de jeux vidéo Beenox, en sait quelque chose. Il a trouvé son nom alors qu'il était encore au secondaire, dans un cours de chimie peu intéressant.
«Je me cherchais un label pour signer des petits progra mmes que je publiais sur le Net. Je me suis fait un petit brainstorming et à un moment donné j'ai écrit beenox... Je ne sais pas si je peux appeler ça un éclair de génie! Avec le temps, je me suis rendu compte que c'est un nom qui a plein de qualités. Le nom ne veut rien dire, les gens s'en souviennent et l'associent immédiatement à nous. Et ça sonne bien dans toutes les langues!»
Les gens qui travaillent chez Beenox s'appellent même entre eux des Beenoxiens... De quoi donner de la personnalité à une entreprise!
Mais attention aux idées géniales, avertit M. Clément, car il y a de grands risques que quelqu'un y ait pensé avant vous. «Le risque, c'est de tomber amoureux d'un nom et qu'il soit déjà enregistré au légal. Après, on aura l'impression que tous les autres noms qu'on pourra trouver ne seront jamais aussi bons.»
Alors avant de se laisser charmer, une vérification s'impose auprès du Registre des entreprises du Québec et au Bureau des marques de commerce du Canada.
***
5 pièges à éviter
1. Nom descriptif
Entrepôt de chaussures, Searchengine.com, Magasin de jouets Tremblay... Voilà des exemples de noms descriptifs à éviter absolument. Le nom doit se démarquer, être évocateur et capter l'imaginaire.
2. Nom difficile à retenir
Un nom d'entreprise doit se retenir facilement, par exemple, lorsqu'il est mentionné dans une conversation entre amis... Si le nom est trop compliqué, contient trop de syllabes et est trop long, il sera vite oublié, et un client potentiel, perdu!
3. Être à la dernière minute
Consacrer des mois à établir un plan d'affaires et trouver le nom à la dernière minute revient à avoir fait tout ce travail pour rien, car le nom est la porte d'entrée de l'entreprise.
4. Oublier le marché extérieur
Aujourd'hui, votre entreprise est seulement active au Québec. Demain, vous aurez peut-être l'ambition de vous étendre aux États-Unis ou en Europe. Si vous oubliez de vérifier si le nom que vous avez choisi est bel et bien disponible au-delà du Québec ou du Canada, vous risquez de vous retrouver avec un sérieux problème qui pourrait vous coûter cher!
5. Oublier de vérifier la disponibilité du nom de domaine
Il peut être ardu de trouver un nom libre de droit légalement. Que dire d'un nom de domaine! Vérifier si le .ca ou .com lié au nom choisi est libre vous évitera bien des tracas lorsque le temps sera venu de vous créer un site web.

mardi 1 juin 2010

Des dieux commerciaux


Mazda, le nom de l'entreprise automobile bien connue, est inspiré du dieu oriental de la sagesse, de l'intelligence et de l'harmonie Ahura Mazda


Certaines entreprises trouvent leur inspiration dans la mythologie, dans des histoires ou légendes. Il y en a même beaucoup. Il y a plusieurs bonnes raisons de le faire, un certain classicisme, une sonorité multiculturelle et une unicité. Car, une fois utilisé, il est difficile de le reprendre même dans d'autres catégories. Imaginons des biscuits Nike (déesse de la victoire) ou un Soda Trojan...


Amazon, dans la mythologie grecque, c'est une course entre guerrières réputées pour être fortes et courageuses. Mais le magasin en ligne du même nom a choisi ce nom pour l'image du fleuve qui est long, large et semble sans fin pour illustrer le niveau de choix et sélection.


Ajax, un fameux guerrier grec pendant la guerre de Troie. Fort, robuste et tenace.


Eos, déesse de l'aurore, est la fille du Titan Hypérion et de la Titanide Théia, ainsi que la soeur d'Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune). Quel choix merveilleux pour le nom d'une décapotable.






Mercure (Mercury) chez les Romains est le dieu du commerce et des voyages. Un autre fabuleux nom de marque pour un véhicule, dommage qu'il ne survivra pas l'an prochain cependant.


L'Oracle est la réponse donnée par un dieu que l'on a consulté à une question personnelle, concernant généralement le futur. Un autre choix judicieux pour une entreprise informatique qui développe des produits pour répondre aux besoins de très larges corporations.


Enfin, le dernier de mes exemples et non le moindre, Trojan. Inspiré du cheval de Troie communiquant les notions de force, de courage, de persévérance et de force. Ai-je besoin d'expliquer davantage les raisons de ce choix pour une marque de condoms ?



samedi 8 mai 2010

Mister et Miss Lub

Drôle de hasard quand même. Dans mon article précédent sur la confusion des genres, je relatais le fait qu'un nom peut-être reprit s'il est dans une catégorie suffisamment différente pour éviter toute forme de confusion. Je soulignais également qu'il ne faut surtout faire exprès pour réveiller un géant qui peut vous poursuivre jusqu'à la fin des temps et qu'il faut éviter autant que possible de créer une marque qui clairement sera problématique.

Et bien cette semaine, voilà un bel (ou plutôt mauvais) exemple à ne pas répéter. Mr.Lube, bannière bien connue de l'entretien automobile au Canada a maintenant un nouveau concurrent. Ms. Lube. !!! La propriétaire de ce petit garage de Toronto, qui n'emploie que des femmes s'étonne maintenant d'être poursuivie par Mr. Lube pour la somme de 250 000 $.

Il faut vraiment être naïf ou imbécile ou crédule ou les trois pour croire que ceci serait passé comme une lettre à la poste. Donc encore une fois, les marques de commerce sont des acquis commerciaux et stratégiques que les entreprises vont s'empresser de protéger bec et ongle. Vous savez pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui une marque, son nom et son identité sont les seules choses que l'on peut encore protéger légalement et qui font une différence stratégique et commerciale importante. Car, on peut copier un design ou un style, une opération de production, un concept... Mais un nom et un logo. JAMAIS ! Amusez-vous demain matin à créer un Burger Queen.... À leur tour, les avocats vous s'amuser avec vous de façon aussi sadique qu'un chat avec une souris blessée.....

samedi 1 mai 2010

Confusion des genres ?

         
Les entreprises pensent souvent, à tort, qu'une fois qu'un nom est utilisé, peu importe le produit ou catégorie, on ne peut plus se l'approprier pour notre propre produit ou entreprise. Or, ce n'est pas comme ça que le droit des marques fonctionne. Il existe 45 classes internationales dans lesquelles on peut enregistrer des noms. Ainsi, si vous êtes dans la peinture (classe internationale 2), vous pourriez par exemple utiliser le nom "Miracolo" et si une autre entreprise évolue dans les jouets (vous êtes donc dans la classe 28), elle pourrait théoriquement utiliser le même nom. "Visa" utilise le nom "Optimum" pour un certain type de carte de crédit, Pharmaprix nomme son programme de fidélisation "Optimum", General Motors utilise ce même nom pour ses voitures d'occasion et Cossette nomme sa branche de Relations publiques "Optimum" également.

Par contre, il faut tout même éviter de provoquer de la confusion en utilisant des noms HYPER connus en prétextant que ce sera dans une catégorie différente. Si je lance une compagnie de transport demain matin, je ne m'amuserais pas à l'appeler "Apple" ou "Nike"... Même si dans le fond, je pourrais avoir raison légalement, je serais poursuivi pour usurpation d'identité et de marque bien connue jusqu'à la fin des temps même si vous avez la patience, l'énergie et l'argent, vous auriez certainement gain de cause. Parlez-en au restaurateur montréalais qui possède les restaurants "Barbie's" et qui fut poursuivi par Mattel (propriétaire de la marque de poupées du même nom), et bien en fin de compte, il a eu gain de cause. Mais le restaurateur a dû se rendre jusqu'en Cour Suprême !

Encore là, ne le faisons pas exprès.... Vous voyez les images ci-haut. Le nom est identique et le script est identique. J'ai vu sur le web, des gens qui se demandent si c'est la même entreprise ??? Si j'étais chez Procter-Gamble, je ne serais pas content.... Dans les faits, ils n'y peuvent rien au niveau du nom. Mais clairement, je les attaquerais (Mars) au niveau de l'identité visuelle.

vendredi 23 avril 2010

Le nom du produit plus glorieux que la marque mère ?

Une entreprise transmet souvent son propre nom à son premier produit ou gamme de produits. Une fois établi comme une grande marque, il définit la société tout entière.

Le "Palmolive" de Colgate-Palmolive est peut être l'une des premières réussites de transfert de nom de produit de marque bien connue à une marque d'entreprise. Près de deux décennies après que Colgate (du nom de son fondateur William Colgate) eu créé son premier dentifrice (en 1873), la BJ Johnson Soap Company a lancé une marque (Palmolive) qui sera éventuellement fusionnée avec Colgate.


En 1898, BJ Johnson Soap Company crée Palmolive, qui a communiqué le descriptif des ingrédients uniques des huiles de palme et d'olive dans le savon (contre les graisses animales) pour garder les mains agréables et douces. Le produit et le nom ont été un succès retentissant. Tant et si bien que BJ Johnson Soap Company est devenu Palmolive et, éventuellement, Palmolive-Peet. Après la fusion avec Colgate afin de devenir un leader mondial dans les soins bucco-dentaires, les soins personnels et produits d'entretien ménager, le nom Palmolive a peut-être reculé d'un cran afin de venir à la fin du nom, mais après trois siècles, il est toujours là ! Qui peut en dire autant ?



Au début des années 90, BSN Gervais Danone s'est tourné vers les marchés émergents comme l'Asie, l'Amérique latine et l'Afrique du Sud pour cibler des millions consommateurs inexploités. Pour se positionner comme une puissance alimentaire mondiale, la société a réalisé que le nom lourd et long de BSN Gervais Danone n'était pas suffisamment évocateur.
L'entreprise a reconnu que BSN n'était pas connu et n'a pas de sens inhérent au-delà de l'entreprise elle-même.

Après de longues recherches, il a été déterminé que la marque Danone évoque les trois caractéristiques (pureté, sain et naturel)  de l'entreprise. À l'époque, la marque de yogourt dans plus de 30 pays a contribué à un quart des recettes totales de l'entreprise. Le nom est aussi lié à l'histoire de la société puisque le produit laitier a été nommé d'après le fils du fondateur. En fin de compte, l'entreprise a été baptisée le Groupe Danone et un repère visuel d'un petit garçon regardant une étoile dans le ciel a été créé.
Il a été décidé que le nom Danone et le petit garçon seraient appliqués sur la plupart des produits, agissant comme un lien verbal et visuel entre l'ensemble des gammes de produits, la marque d'entreprise et de ses valeurs. Sur le dos de l'eau d'Evian ou des biscuits Lu, par exemple, vous trouverez la marque. 


Dans le cas de Blédina, un aliment pour bébé naturel qui est si bien connu en France le nom était devenu synonyme de nourriture pour bébé, une autre stratégie a été élaborée. Afin de valoriser la marque et associer son «naturel» d'équité avec la marque d'entreprise, un plan de migration a été mis en place pour transférer lentement le nom de «Blédina de Danone" puis à "Danone Blédina". Une décennie plus tard, les stratégies de re-branding ont été largement couronnée de succès.


Comme c'est le cas avec toute stratégie mono-marque, mettre tous ses œufs dans le même panier peut être périlleuse. Un des risques est que si quelque chose ne va pas avec ce produit ou qu'il commence à être moins populaire, et la marque d'entreprise est totalement associée à cette marque de produit, elle va encaisser le coup !


En fin de compte, le choix de renommer une marque d'entreprise à partir d'un portefeuille de marques existant exige le même processus de référence que la création d'un tout nouveau nom. Il faut établir les critères stratégiques de ce que vous voulez que le nom communique - en substance les valeurs fondamentales qui sont significatives et différenciées de la concurrence. Et, bien sûr, il doit être court, mémorable, prononçable, et ne signifie pas quelque chose de négatif dans différentes langues.

mardi 6 avril 2010

La communication marketing ne vaut guère mieux que le papier hygiénique.

Allons, allons, ce n’est pas ce que vous pensez. Je ne fais pas de comparaison scatologique ici.

J’ai plutôt lu avec grand intérêt le dossier sur le branding dans le dernier numéro d’InfoPresse. Le débat sur le crowdsourcing d’un logo sur le web m’a renversé par l’incapacité grandissante de cette industrie dont je fais partie à se démarquer et à justifier sa « marque » et sa propre utilité.
En fait, ce qui est renversant, c’est qu’à la base notre objectif premier est de convaincre les consommateurs qu’il n’y a pas d’autres produits ou services identiques à ceux offerts par nos clients, ce qui justifiera, à moyen terme, un prix plus élevé que la concurrence, une certaine loyauté, etc. 

Or, comment cela se fait-il que nous soyons de plus en plus incapables de convaincre nos propres clients et prospects, et parfois même nous-mêmes, de la justesse de cette promesse.
C’est quand même mystifiant. C’est comme si un comptable faisait des erreurs d’addition dans ses propres factures ou était incapable de balancer ses propres livres. Si c’était le cas, ferions-nous toujours confiance à ce comptable? Certainement pas. Et bien notre industrie en est exactement là. Incapable de convaincre les autres et elle-même de son importance, de sa compétence et de sa différence stratégique.

L’industrie, soi-disant spécialisée en persuasion, est donc incapable de se persuader elle-même de sa valeur ajoutée, voire même l’utilité de son existence.

Ma conjointe me reproche à l’occasion d’acheter des produits de marque privée au supermarché –« Tu n’as pas honte un peu, toi le spécialiste en marques » - « Non! ». Si je le fais, comme plusieurs milliers d’autres consommateurs, c’est que je ne perçois pas la valeur des autres marques dites nationales et qui commandent une prime de prix. Pourquoi paierais-je plus cher du papier hygiénique alors que ça finit au même endroit et que je ne perçois pas l’avantage à payer 2 piastres de plus. Pourquoi les récompenserais-je pour un travail de persuasion si mal fait? Et bien, voilà mesdames et messieurs, la communication c’est comme du papier hygiénique.

De plus, le débat auquel je fais référence et qui met de l'avant plusieurs intervenants du monde du design est loin d’être édifiant (cela dit, on aurait certainement les mêmes remarques de toutes les autres disciplines des communications) : « Le crowdsourcing… fait des logos totalement générique et manque de personnalité » dixit le président de l’Association des designers industriels du Canada… Cette affirmation est basée sur quoi exactement ? Avez-vous vu tous les logos génériques qui sortent des ateliers québécois ?

Le but ici est de se distinguer. Tout est question de perception donc. Si le client ne voit pas et ne comprend pas pourquoi il doit payer 10,000$ pour un logo, et un logo à 100$ fait l’affaire. Ce n’est pas le client le problème, surtout si c’est une tendance lourde, c’est l’industrie qui doit résoudre SON problème.

Vous pensez que je crache mon venin sur les designers. Mais nous sommes TOUS responsables de cette situation et nous devons TOUS se distinguer à notre façon. Je ne fais pas exception, lorsque quelqu’un me demande le prix pour développer un nom distinctif, unique, disponible légalement et en nom de domaine, il sursaute une fois sur deux lorsque le devis est présenté. Mais lorsque la « vente » est terminée et qu’il comprend que c’est un processus bien réfléchi, que ce n’est pas des noms sortis d’un chapeau, qu’il y a des filtres marketing,  linguistique, légal; on utilise les mêmes outils de validation légale que les agents de marque. Et bien, il comprend la différence entre nous et un gars qui fait ça sur un coin de table. Ça ne marche pas à tous les coups, mais il y a une plus value, une différenciation. Moi j’en vois des logos génériques faits ici même au Québec. Quand avez-vous vu un designer faire une recherche dans les bases de données pour s’assurer que son logo est unique AVANT de le présenter au client ? Poser la question c’est y répondre. Je le crains.

samedi 20 février 2010

Le défi des musiciens : Pas la musique... Le nom

Je suis un grand fan de musique, probablement parce que je n'ai aucun talent dans son domaine et que je n'ai jamais su apprendre comme il faut la guitare, le piano ou la batterie. Je suis devenu maniaque de musique. Trois ipods, mini, nano, classic, un pour toutes les occasions et qui trainent un peu partout. Bref, fan fini de musique.

Je me demande si les musiciens eux sont fans obsessifs de gens comme moi qui créent des noms ? Une partie de mon admiration vient du fait que l'imagination des musiciens semble être infinie et je suis toujours un peu surpris d'entendre quelque chose d'unique et de très original. Et bien mon doute ou mon questionnement est mal placé, il aurait fallut que mon questionnement se fasse au niveau de la nomenclature des groupes musicaux.

En effet, il semble que le plus grand défi en ce moment ne soit pas la musique comme telle malgré les éternelles poursuites pour des supposés plagiats. Mais bien de trouver un nom qui soit, et oui, unique et libre !

Ancien bassiste de Led Zeppelin, John Paul Jones forme maintenant un nouveau groupe avec entre autre l'ancien batteur de Nirvana (et guitariste de Foo Fighters, maudit, il a tous les talents celui-là), David Grohl. Et bien, il semble que le nom a été un cauchemar ! Je cite librement ici M. Jones et ça ne s'invente pas : " Pensez à n'importe quel nom, googlez-le et vous allez voir un groupe québécois (French-Canadian) avec une page MySpace."

Il faut donc croire que les défis du nom de marque ne sont pas réservés qu'au fabricant de biscuits et de Yoghourts... Il y a en ce moment environ 1 400 000 noms d'artistes et 6500 s'ajoutent chaque mois.

Alors musiciens en herbe, n'hésitez pas à communiquez avec moi, je peux vous aider - moyennant 10% des royautés :-)

jeudi 28 janvier 2010

La première erreur du iPad ; Son nom de marque !



Personne ne peut nier qu'Apple à eu un coup de génie en 1998 en débutant ce qu'on connait comme une stratégie de marque avec le préfixe "i". Nul doute qu'ils ont su avec des noms comme iMac, iPod et iPhone bâtir une marque chaleureuse en créant un sentiment de proximité et d'appropriation avec les utilisateurs (en plus de la notion de "i" pour Internet et interactivité). Le rêve de tout professionnel en Marketing en quelque sorte.


Mais cette fois-ci, peut-être que pour la première fois, après cette longue série de succès, ils se sont trompés. 24 heures à peine après la sortie du dit appareil, on peut se demander si on ne va pas connaître un autre traumatisme de marque (au sens propre et figuré) à la Chevrolet Nova ou Buick Lacrosse (voir autre entrée dans ce blogue).


Des commentaires pullulent sur Internet du genre « Ça sonne comme une serviette sanitaire", "Y a-t-il une version avec des ailes?", "Si je prends la version 64Go, cela va s'appeler Maxi-pad ?"
Voyez cet extrait de Mad TV, diffusé dans la même journée :




Selon les informations disponibles, Apple aurait jonglé avec d'autres noms comme iTablet et iSlate. De meilleurs choix à mon avis. Une heure après le dévoilement, sur Twitter, le terme "iTampon" était largement diffusé.


Également, pourquoi un nom si près d'un autre produit (iPod), c'est un peu déconcertant, déjà que la plupart des gens le décrivent comme un iPhone sur stéroïdes, ce qui est un peu réducteur, et bien ce nom ne fera que confirmer cette première impression.

Je vous laisse sur ce dernier clip. À voir la réaction de certaines journalistes féminines, on est en droit de se demander si Apple a des femmes dans son équipe marketing ou du moins dans son département de Naming !

lundi 18 janvier 2010

L'origine des noms de marques du Cola

Il n'est de surprise pour personne que le Coca-Cola fût créé par un pharmacien d'Atlanta qui recherchait un remède contre divers maux, en particulier des maux de tête. L'origine du nom est fort simple comme vous le savez certainement; de la noix de cola et des extraits de feuilles de Coca. Comment appeler le produit en 1886 ? Coca-Cola, rien de plus simple !

En suivit une kyrielle de produits concurrents y compris Brad's Drink. Le pharmacien qui a créé cette boisson en 1898 (les pharmaciens semblent être forts pour confectionner des boissons gazéifiées), a rapidement constaté que son nom n'était pas très vendeur et d'un point de vue Marketing, un peu faible. Un jour il se dit que changer de nom ne serait pas une mauvaise idée et puisque le produit créé le fut initialement pour un trouble de l'estomac (la dyspepsie), et bien Pepsi-Cola est pas mal plus "Marketing" que Brad's Drink. Comme ils disent aux USA, "The rest is history"

vendredi 2 octobre 2009

La Buick Norbourg !?


En création de noms de marque, il y a de nombreux exemples de maladresses internationales, particulièrement dans le monde automobile. Ce secteur n'est pas le seul, pensons à l'entreprise TOTE qui s'installe en Allemagne et se nomme "Tote Germany" En français... Mort à l'Allemagne.

Bref, les maladresses sont nombreuses, mais on se dit qu'aujourd'hui avec tout ce qu'on sait, tous les outils disponibles et l'intelligence commerciale font en sorte qu'on ne veut plus froisser personne. Mais malgré les Chevrolet "Nova" : N'avance pas et Ford Pinto : Petit penis au Brésil... On se dit que les constructeurs automobiles ont cessé de faire des bêtises.

Lorsque Buick lance sa "LaCrosse" , on se dit justement que l'entreprise n'est pas folle et elle rebaptisera son modèle pour le Canada ... tout comme le souligne Eric Lefrançois, chroniqueur automobile à La Presse dans un article de juillet dernier qu'il termine d'ailleurs avec cette phrase "Toyota a également connu ce genre de problème, mais en France cette fois, avec le MR2 («Merdeux»). Et, plus près de nous, pourquoi pensez-vous que Buick a renommé sa berline LaCrosse?" ...(Pour Buick Allure)

Et bien non, Buick se ravise et nommera son modèle "LaCrosse" finalement pour les marchés canadien et québécois.

Denis Arcand vient d'ailleurs d'écrire la dessus.... À lire.... C'est assez drôle. Il se demande donc si au Québec GM est au courant que «crosse», en parler vernaculaire du Québec a deux sens grivois et très employés, qui signifient masturbation mais aussi arnaque. Et M. Arcand de poursuivre... Pourquoi pas Buick Norbourg !?

Je ne sais pas si ils sont effectivement au courant, selon moi; oui!
Ils se disent que ce n'est pas si grave, ils ont peut-être fait de la recherche sur le sujet, bref, ils calculent le risque. Sauf que.... Si jamais, ce modèle a le moindre problème de fiabilité... et bien bonjour les jeux de mots ! Et adieu la marque !!!

mardi 29 septembre 2009

Un acronyme fait il un bon nom de marque ?


Je ne recommande jamais à un client la technique de l'acronyme pour créer un nom de marque pertinent et distinctif. Ça fait des noms qui ressemblent à des noms d'associations de sport amateur. Justement en parlant de sport, voici une exception à cette règle. En faisant une recherche sur le nom de mes chaussures par un dimanche après-midi plutôt gris, je me suis rendu compte que le nom de mes chaussures signifie "Un esprit sain dans un corps sain"... Voilà une idée intéressante et pertinente pour bien communiquer la promesse de la marque.

ASICS : Anima Sana In Corpore Sano

lundi 21 septembre 2009

Donner un nom de marque de voiture à son enfant


De plus en plus de parents empruntent des noms de marques pour dénommer leurs enfants. On recense déjà 353 Lexus. La marque de luxe italienne, Armani est le prénom de 273 garçons et 298 filles. On peut aussi croiser 21 L’Oréal et 24 Porsche.

Enfin, un professeur de l'Université du Nebraska a recensé 22 fillettes portant le nom Infiniti.

Adopter une marque... adopter un enfant.. Il ne faut pas confondre les genres. On ne peut certes pas douter de la passion de ces gens pour leur marque favorite !

lundi 1 juin 2009

Le Tiguan de VW se vend mal à cause de son nom de marque !


Ce n'est pas moi qui le dit... Voyez plutôt :


Le VUS le plus vendu et le plus mal nommé d'Europe, le Volkswagen Tiguan, ne fait pas courir les foules en Amérique du Nord. Volkswagen essaie de mousser les ventes aux États-Unis.
Au Canada, seulement 769 Tiguan ont été vendus durant les trois premiers mois de l'année. Aux États-Unis, moins de 9000 ont trouvé preneurs depuis le lancement américain, il y a un an. C'est pas mal moins que les 20 000 ou 25 000 unités que Volks espérait. Par comparaison, Volks a vendu 10 484 Tiguan en Europe durant le premier trimestre de 2009, rapporte le magazineAutomotive News.
C'est décevant pour ce véhicule qui devait concurrencer le CR-V de Honda et le RAV4 de Toyota.
Aux États-Unis, Volks a décidé qu'il valait mieux lancer une campagne de publicité nationale, plutôt que d'ajouter aux rabais et incitatifs déjà offerts. La campagne est en marche et doit durer d'ici la fin juin.
Le nom du VUS semble avoir été un handicap aux États-Unis. Alors qu'au Québec, on est forcément habitué aux sonorités étranges et étrangères des noms de voitures, il semble que Tiguan ait déplu aux oreilles américaines, déjà surprises par le nom du Touareg, le grand frère du Tiguan, lancé il y a quelques années.

Die Wortkombination aus Tiger und Leguan
!
Selon Volkswagen, Tiguan vient des mots allemands tiger (tigre) et leguan (iguane). Volks, qui ne manque jamais une occasion de rappeler que Volkswagen veut dire «voiture du peuple», en allemand, affirme que c'est le peuple qui a choisi le nom du Tiguan.
Effectivement, Volks avait commandité un scrutin par courriel en 2006 dans le magazine allemand Auto Bild.
Il faut cependant dire que les gens de marketing de Volks avaient eux même fait la présélection des noms suggérés : les seules alternatives étaient Rockton, Samun, Namib et Nanouk.
Comme on peut deviner en essayant de déchiffrer l'article d'Auto Bild annonçant le résultat du vote, 36% des lecteurs d'Auto Bild ont voté pour die Wortkombination aus Tiger und Leguan (la combinaison des mots tigre et iguane), ce qui explique le nom chimérique donné à ce VUS qui n'est pas encore offert en version hybride.
Nanuk, qui sonne comme Nanook l'esquimau, aurait été bien mieux au Canada pour cette traction intégrale censée se dépêtrer dans la neige, mais les 350 000 lecteurs d'Auto Bild qui ont participé au scrutin ont décidé autrement. Auto Bild ne dit pas combien de votes Nanuk a eu.

Tiguan : prédateur naturel du CR-V et du RAV 4 ?

Quoi qu'il en soit, les Américains veulent bien avoir du tigre dans leur moteur, mais pour ce qui est d'un iguane, ils sont moins sûrs. Et Volks n'est pas satisfait des ventes nord-américaines du Tiguan, qu'elle veut opposer au CR-V de Honda et au RAV4 de Toyota.
D'autant moins que la firme de recherche marketing automobile AutoPacific vient d'accorder au Tiguan son prix de satisfaction des consommateurs. Plus important encore, L'Institut des assureurs pour la sécurité des routes vient tout juste de nommer le Tiguan 2009 dans sa liste des voitures les plus sûres.
Volkswagen veut que le Tiguan «soit un des meilleurs vendeurs de notre portefeuille de modèles», a affirmé à Automotive News Brian Thomas, le patron du marketing pour Volkswagen aux États-Unis. Mais dans le marché déprimé actuel, 1000 ventes par mois «est acceptable», ajoute-t-il.
En 2008, Honda a vendu 197 279 CR-V aux États-Unis et Toyota, 137 020 RAV4, ce qui fait pâlir les 9000 ventes de Tiguan durant les derniers 12 mois.
En Europe, pourtant, Volks a vendu 94 894 Tiguan l'an dernier, détrônant ainsi le RAV4, relégué au deuxième rang avec 63 594 unités. Le CR-V a été troisième, avec 55 591 ventes.
M. Thomas, de Volkswagen, note que la dévaluation du dollar américain (et du yen, à un degré moindre) face à l'euro a défavorisé le Tiguan face à ses compétiteurs japonais : le Tiguan est plus cher aux États-Unis que le CR-V et le RAV4.
En tout cas, les concessionnaires Volkswagen sont contents que Volks lance sa nouvelle campagne de pub. Automotive News cite un concessionnaire qui se trouve que la campagne publicitaire qui a soutenu le lancement américain du Tiguan en 2008 manquait un peu de punch. Le concessionnaire décrit le VUS de Volks comme «le secret le mieux gardé» de l'industrie automobile, ce qui n'est vraiment pas un compliment pour les publicistes américains de Volkswagen.

Sources : Auto Bild, DesRosiers Automotive Reports, Automotive News, New York Times, La Presse